À travers la figure de l’économiste française Esther Duflo, on a assisté ces dernières années à la montée en puissance d’une méthode particulière d’évaluation des politiques publiques : les expérimentations aléatoires qui s’inspirent des essais cliniques randomisés en médecine. Cet article revient sur les conditions de leur émergence dans le champ de la lutte contre la pauvreté, avant de s’intéresser plus particulièrement au J-PAL, le laboratoire leader en ce domaine. La pression à la publication, le rapport distancié au terrain des chercheurs et le cloisonnement disciplinaire aboutissent à une prise en compte biaisée des réalités locales et des enjeux en termes de développement.
